L’embauche d’un intermittent du spectacle se distingue de celle d’un salarié du régime général. Entre contrat spécifique, caisses de cotisations dédiées, ou bien déclarations propres au secteur, les divergences sont nombreuses. Ce guide fait donc le point sur les spécificités de ce secteur qu’est le régime intermittent : quels employeurs peuvent embaucher ? Qui peut être embauché ? Dans quel cadre ? Et selon quelles démarches ?
Qu’est-ce qu’un intermittent du spectacle ?
Un intermittent du spectacle est un salarié dont l’activité alterne entre périodes travaillées et périodes non travaillées. Ce sont des artistes (annexe 10), techniciens ou ouvriers du spectacle (annexe 8), qui sont embauchés sous contrat de travail à durée déterminée dit « d’usage » (CDDU).
Plus précisément, être intermittent du spectacle c’est appartenir au régime intermittent, qui correspond à un régime d’assurance chômage spécifique.
Celui-ci impose un minimum de 507 heures de travail sur les 12 derniers mois, pour pouvoir prétendre à des droits à l’intermittence/au chômage sur les 12 mois à venir.
Pour en savoir plus : Chômage intermittent du spectacle : conditions et calcul des indemnités 👍
Qui peut embaucher un intermittent du spectacle ?
En théorie, toute structure peut embaucher un artiste ou un technicien du spectacle : associations, entreprises, collectivités, hôtels, restaurants, comités sociaux et économiques (CSE), etc. Encore faut-il remplir certains critères.
Pour embaucher légalement un intermittent, vous devez réunir trois conditions :
1. Être un employeur identifié
Pour embaucher, vous devez d’abord exister administrativement en tant qu’employeur. Concrètement, cela passe par l’acquisition d’un numéro de SIRET.
Le SIRET est un identifiant à 14 chiffres attribué à chaque structure lors de sa création. Il figure sur vos documents officiels et de paie (contrats, bulletins de salaire, attestations). Sans lui, vous ne pouvez ni déclarer une embauche, ni payer les cotisations (👉 Comment obtenir un numéro de SIRET).
Son obtention dépendra de votre profil :
- Association : le SIRET est délivré au moment de la déclaration de l’association et de son immatriculation.
- Entreprise ou société : le SIRET est attribué lors de la création de la structure, via le guichet unique des entreprises.
- Mairie, collectivité, établissement public : elles disposent déjà d’un identifiant en tant qu’employeur public.
- Particulier : vous pouvez employer sans SIRET d’entreprise ; le Guso vous identifie alors comme particulier employeur.
Si votre structure n’a pas encore de SIRET, c’est donc la toute première étape à régler, avant même de penser au contrat ou aux déclarations.
2. Déterminer la nécessité ou non d’une licence
La licence d’entrepreneur du spectacle permet notamment de protéger les employés et de rémunérer les auteurs.
Valable 5 ans, elle est parfois obligatoire pour embaucher des intermittents. Plus précisément, cela dépend de l’activité principale et du nombre de représentations réalisées par an :
| Votre situation | Action à réaliser |
|---|---|
| Le spectacle n’est pas votre activité principale, et vous organisez 6 représentations ou moins par an | Aucune licence : vous passez par le Guso |
| Le spectacle n’est pas votre activité principale, mais vous atteignez 7 représentations ou plus par an | Licence d’entrepreneur du spectacle obligatoire |
| Votre activité principale est la production, la diffusion de spectacles ou l’exploitation de lieux | Licence d’entrepreneur du spectacle obligatoire |
À noter : elle est d’office obligatoire pour embaucher des techniciens. 👍
La demande d’une licence et son renouvellement doivent être réalisés sur le site du ministère de la Culture : Licence d’entrepreneur de spectacles vivants (première demande, renouvellement)
3. Être affilié aux organismes sociaux
Enfin, vous devez déclarer votre embauche auprès des différents organismes sociaux : l’URSSAF, Audiens, la Caisse des Congés Spectacles, Afdas, etc.
Dans le cas de l’employeur occasionnel, le Guso centralise toutes ces démarches.

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Dans quel cadre embaucher : le contrat CDDU
Le CDDU est un contrat temporaire utilisé dans certains secteurs comme le spectacle, pour embaucher des personnes (artistes, techniciens) sur des missions courtes liées à un besoin ponctuel.
Le CDDU concerne principalement les intermittents du spectacle, à savoir :
- Les artistes : comédiens, musiciens, danseurs, chanteurs, etc.
- Les techniciens : cadreurs, ingénieurs du son, régisseurs, machinistes, etc.
Seuls les employeurs habilités, c’est-à-dire ceux qui exercent dans les secteurs reconnus comme pouvant recourir à ce type de contrat (audiovisuel, cinéma, spectacle vivant, événementiel, etc), peuvent le conclure.
Quelques règles clés à connaître :
- Le contrat doit être signé avant le début de la mission.
- Il peut couvrir une seule journée de travail.
- Il n’ouvre pas droit à l’indemnité de précarité, contrairement à un CDD classique.
- Il doit mentionner le poste, les dates, la rémunération, le lieu et la convention collective applicable.
Pour en savoir plus à ce sujet : CDDU intermittent : définition, cadre légal et bonnes pratiques à connaître 👍
Les cas particuliers d’embauche d’intermittents
La plupart des embauches suivent le cadre général. Deux situations demandent toutefois une attention supplémentaire :
- L’embauche de mineur : elle est possible dans le spectacle, mais soumise à des règles protectrices strictes (autorisation, encadrement, temps de travail limité) : Focus sur l’embauche des mineurs dans le spectacle
- L’embauche d’un intermittent étranger : elle implique des règles spécifiques de cotisations et, pour les ressortissants européens, un formulaire A1 : Intermittent étranger : Quelles cotisations sociales ? Comment fonctionne le A1 ?
Comment embaucher un intermittent du spectacle ?
Faire une DPAE
La Déclaration Préalable À l’Embauche est une déclaration à effectuer auprès de l’URSSAF, pour les informer qu’il va y avoir une embauche.
La DPAE doit être effectuée entre 7 jours avant le début du contrat et le jour même, soit avant que le salarié ne commence à travailler.
Pour en savoir plus à ce sujet : Focus sur la DPAE (Déclaration Préalable À l’Embauche) 👍
Obtenir un numéro d’objet
Le numéro d’objet est un numéro d’immatriculation qui permet de rattacher des intermittents (artistes et techniciens) à leur employeur dans le cadre d’une activité de spectacle vivant, ou de production, relevant des annexes 8 et 10.
En résumé, 1 projet = 1 numéro objet (un spectacle, une tournée, un tournage, etc).
Celui-ci doit figurer sur le contrat de l’intermittent, son bulletin de salaire et l’AEM.
Pour en faire la demande, vous devez vous connecter à votre espace France Travail : Comment obtenir son numéro d’objet 👍
Éditer le contrat et transmettre les documents de fin de contrat
L’embauche commence par un contrat, et se termine par plusieurs documents à remettre à l’intermittent. Ces documents ne sont pas de simples formalités, ils conditionnent ses droits au chômage et ses congés.
Le contrat de travail (CDDU) est établi et signé avant le début de la mission. Si vous passez par le Guso, la déclaration unique et simplifiée (DUS) en tient lieu : elle vaut à la fois contrat de travail et bulletin de salaire.
À la fin du contrat, vous devez transmettre trois documents :
- Le bulletin de salaire : remis avec le versement de la rémunération.
- L’AEM : à remplir sur le site de France Travail, avant le 15 du mois suivant le versement du salaire.
- Le Certificat Congés Spectacles : il indique notamment le montant de l’indemnité que percevra l’intermittent. C’est ensuite la Caisse des Congés Spectacles qui lui versera ses congés.
Quelles erreurs éviter lors de l’embauche ?
Certaines erreurs reviennent souvent chez les employeurs qui embauchent pour la première fois :
- Oublier ou retarder la DPAE : elle doit être envoyée avant le début du contrat, pas après.
- Signer le contrat trop tard : il doit être signé avant la première heure de travail, sous peine de requalification.
- Négliger le numéro d’objet : il conditionne les droits au chômage de l’intermittent et doit figurer sur plusieurs documents.
- Oublier l’immatriculation à la Caisse des Congés Spectacles : sans cette vérification, ses congés ne pourront pas lui être versés.
FAQ
1- Un intermittent du spectacle est-il un salarié ?
Oui. Un intermittent est un salarié. En effet, il bénéficie d’un bulletin de salaire, d’une protection sociale et de droits au chômage.
2- Un intermittent peut-il travailler pour plusieurs employeurs en même temps ?
Oui, un intermittent peut enchaîner des contrats courts avec des employeurs différents. Chaque employeur établit son propre contrat et sa propre déclaration.
3- Que risque un employeur qui ne déclare pas son intermittent ?
Une embauche non déclarée relève du travail dissimulé, lourdement sanctionné. Au-delà du risque juridique et financier pour la structure, elle prive l’intermittent de ses droits. Déclarer chaque contrat protège donc les deux partis.
Pour aller plus loin 🔎
- Obligations de l’employeur d’un intermittent du spectacle (2026)
- Employeur occasionnel : le Guso pour simplifier ses embauches

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