Pouvez-vous vous présenter ?
“Je suis l’artiste principale de la compagnie et metteuse en scène du spectacle le Cabaret féministe de Milo et Cie.”

Qu’est-ce que la compagnie Les Engraineuses ?
“Nous sommes une compagnie de spectacle pluridisciplinaire qui a à cœur de mettre en lumière le travail des personnes sexisées, les personnes issues des minorités de genre – bien que nous soyons une grande majorité.
L’idée est donc de mettre en lumière le travail des personnes qui subissent des oppressions, des discriminations liées à leur genre.
On a aussi une sensibilité au milieu écologique, au milieu queer, on a une DA (Direction Artistique) assez féministe.”
Quels sont les différents spectacles que vous proposez ?
“Nous adorons les spectacles qui mélangent les genres.
Notre spectacle phare s’appelle le Cabaret féministe de Milo et Cie. C’est un cabaret qui mélange du Drag King, du clown, du chant live, de la danse et du stand-up. C’est un format cabaret donc il y a plusieurs performances qui s’enchaînent avec pour fil rouge le vécu des personnes assignées femme à la naissance. C’est donc la thématique du féminisme au sens très large, vécu dans la chair, jusqu’aux questions d’oppression systémique ou de violences faites aux femmes. Le spectacle oscille entre humour et poésie avec plein de paillettes.
Notre deuxième spectacle s’appelle L’Étrange Blind Test. On le performe dans les bars de Grenoble et de l’Isère. C’est un spectacle queer avec du Drag King et du stand-up. C’est très participatif/interactif avec le public. Notre but avec ce spectacle, c’est de normaliser la présence d’un Drag King et d’une personne trans sur scène – parce que ma collaboratrice est une personne trans – de faire en sorte que ce ne soit pas un sujet. Le sujet du spectacle c’est le blind test.
On fait aussi des déambulations en festival en Drag King. Il s’agit de happening pour amener la question du genre de manière détournée, avec des thématiques qui sont plutôt liées au festival lui-même. C’est très drôle, c’est assez proche du clown.
La compagnie organise également des stages d’initiation au Drag King/Queer deux fois par an, à Grenoble, pour transmettre cet art qui est militant et joyeux.
Donc notre crédo, ce sont les questions de genre, de sexualité, d’identité, avec une vision centrée autour de l’humour. On a à cœur d’aborder ces thématiques avec beaucoup de légèreté, de tendresse et un peu de poésie.”

Pourquoi l’avoir appelée ainsi ?
“C’est une longue histoire haha ! C’était un rêve d’enfant de monter ma propre compagnie, j’ai toujours voulu être comédienne, aussi loin que je m’en souvienne. J’ai d’abord été comédienne-interprète pendant très longtemps, avant de me lancer dans mes propres spectacles et d’envisager de créer une structure avec des amies.
À la base, je voulais l’appeler « La Semilla », qui signifie « la graine » en espagnol. L’idée était de planter des graines dans la tête des gens avec nos spectacles. Mais en en discutant avec des copines artistes, on s’est dit que « La Semilla » c’était très joli, mais que personne n’allait comprendre parce que personne ne parle espagnol en France haha. C’est pour cela qu’on est parti sur un nom en français.
C’est aussi une compagnie qui a pour vocation de mettre en lumière le travail des femmes, donc on a pensé que ce serait intéressant de mettre le nom au pluriel parce qu’il y a aussi une question de solidarité féminine, en tout cas chez les minorités de genre, parce que lorsque l’on subit des oppressions c’est très difficile de s’en sortir tout.e seul.e. L’idée était donc de faire collectif.”
“Les Engraineuses c’est donc les personnes qui sèment des graines d’idées dans la tête des gens.”

“Mais il y a un double sens aussi, parce que dans le langage populaire, ça renvoie à l’idée d’engrainer quelqu’un, de le motiver à faire quelque chose. Et en même temps, il y a l’idée de graine, dans le sens que l’on va présenter des visions du monde qui sont très subjectives, et le public en fait ce qu’il veut.”
Quel est votre plus beau souvenir dans cette compagnie ?
“Il y en a beaucoup ahah. Je pense que ce serait, à titre personnel, lorsque l’on a présenté la sortie de résidence du Cabaret féministe de Milo et Cie. Nous sommes sept artistes sur le plateau et aujourd’hui c’est extrêmement compliqué de vendre un spectacle avec sept artistes. Donc la plupart du temps nous sommes quatre, et ça reste malgré tout encore compliqué d’être payé correctement.
Mais en avril dernier, nous avons fait cette représentation dans un lieu qui me tient particulièrement à cœur, qui s’appelle L’ECREVIS. C’est un tiers-lieu anarchiste à Annecy, tenu par des copains, qui fonctionne uniquement au prix libre. On y a donc été accueillies pour notre sortie de résidence et on a joué au chapeau pour une population très sympa. C’est la seule fois où on a joué ce spectacle à sept sur scène et c’était vraiment très beau. On a aussi fait le meilleur chapeau de l’histoire de L’ECREVIS !”
À quoi aspirez-vous pour le futur de la compagnie ?
“Déjà, on aspire à un peu plus de stabilité financière parce que cette année c’est très compliqué pour les compagnies de spectacle vivant.
Sinon, on a aussi de super chouettes projets en cours dans la compagnie. Il y a tout d’abord un spectacle de théâtre de rue qui va entrer en création cette année, féministe toujours. On a aussi peut-être un projet de spectacle en milieu scolaire, pour parler du harcèlement. C’est un sujet que j’ai vécu pendant sept ans et je m’étais promis qu’un jour, lorsque ça irait mieux, que je serais hyper forte, j’irais en parler auprès des enfants pour arrêter ce cycle. Et donc là j’ai été approché par une super copine metteuse en scène qui a envie de faire ça.”
“Il faut donner à voir et à ressentir aux enfants qu’autre chose est possible et qu’ils ne sont pas coincés là-dedans. Ils ont aussi un peu de pouvoir pour faire changer les choses. C’est très chouette de pouvoir faire ça dans son métier.”
Pour conclure, un mot sur CulturePay ?
“On a entendu parler de CulturePay par un copain qui est DJ et qui nous a dit : « Si vous voulez vous lancer avec votre structure, c’est vraiment trop bien ». Et en effet, pour une compagnie émergente, c’est top !
On avait à cœur de comprendre le fonctionnement de la partie administrative du métier. Passer par CulturePay nous a donc permis d’appréhender cette partie de manière sereine grâce au service client qui est très réactif, mais aussi aux tutos et pages d’explication sur le site.
Le fait de pouvoir faire les choses par nous-même, à notre rythme, c’est top. On édite les contrats, les artistes peuvent signer leurs contrats en ligne, c’est hyper pratique et on a la main dessus. On sait quand est ce qu’on fait nos virements, on sait où on en est dans nos contrats et c’est une grande liberté, même plutôt empouvoirant.”
Pour retrouver la compagnie Les Engraineuses :

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jcb jj



