L’imposition est un sujet complexe de manière générale : quels revenus déclarer ? Dans quelles catégories ? Quand faire la déclaration d’impôts ? Etc. Dans cet article, nous allons tenter de répondre à ces différents questionnements dans le cas des intermittents du spectacle. Leur régime étant spécifique, un point s’impose.
Comprendre le régime fiscal des intermittents du spectacle
Salarié ou indépendant sur le plan fiscal ?
L’intermittent du spectacle est juridiquement un salarié, bien qu’il possède plusieurs employeurs et qu’il enchaîne les contrats courts (CDDU).
En d’autres termes, cela signifie que :
- les revenus perçus sont des salaires,
- ils donnent lieu à des bulletins de paie,
- les cotisations sociales sont prélevées par l’employeur.
C’est en ce sens que le gouvernement classe les revenus des intermittents dans la catégorie “Traitements et salaires”, comme pour tout autre salarié.
Différence entre statut social (régime) et statut fiscal
Bien que les intermittents du spectacle aient pour statut fiscal “salarié”, leur statut social (régime) est néanmoins spécifique.
En effet, ils appartiennent au régime de l’intermittence. Il s’agit d’un régime particulier qui permet aux intermittents d’ouvrir leurs droits au chômage auprès de France Travail.
En d’autres termes, cela constitue une sécurité pour les intermittents puisqu’il leur permet notamment d’accéder à des indemnités chômage pour pallier les périodes d’inactivité.
Quels revenus doivent être déclarés par un intermittent du spectacle ?
Les revenus artistiques et techniques
On parle ici de vos salaires versés par vos différents employeurs : sous forme de cachet, service de répétition, etc.
Ces revenus sont normalement déjà connus des impôts grâce aux déclarations réalisées par vos employeurs.
Néanmoins, des erreurs ou absences de déclarations sont possibles. Il est donc nécessaire de vérifier la présence de chacun de vos employeurs, vos salaires et leur bon calcul.
Bon à savoir : si un employeur est manquant, vous pouvez retrouver le cumul net imposable sur votre dernier bulletin de salaire de l’année demandée. Et si ce montant est absent, additionnez les nets imposables de vos différents bulletins de salaire. 👍
Les indemnités chômage
Pour rappel, les indemnités chômage (ARE) sont une compensation attribuée aux intermittents à certaines conditions :
- Être inscrit comme demandeur d’emploi.
- Être à la recherche effective et permanente d’un emploi.
- Justifier d’au moins 507 heures de travail ou d’heures assimilées au cours des 12 derniers mois.
Il s’agit là aussi de montants déjà communiqués au préalable par France Travail. Vous pouvez également les vérifier grâce à l’attestation fiscale reçue.
Autres revenus à déclarer
Le cas des droits d’auteur
Les droits d’auteur permettent à une personne physique ou morale de bénéficier du droit à l’exclusivité de l’exploitation de son œuvre originale.
Fiscalement, ils peuvent être déclarés de deux manières selon la situation :
- Traitements et salaires : lorsque les droits sont versés par un organisme tiers (par exemple, la SACEM) avec précompte des cotisations sociales.
- Bénéfices non commerciaux (BNC) : lorsque l’artiste les déclare directement en tant que revenus d’auteur.
Les revenus annexes non liés à l’activité d’intermittent
Certains intermittents du spectacle complètent leurs revenus avec une activité professionnelle extérieure au secteur artistique.
Dans ce cas, chaque type de revenu doit être déclaré dans la catégorie fiscale correspondante :
- Traitements et salaires : pour un emploi salarié.
- Micro-BIC ou micro-BNC : pour une activité en micro-entreprise.
- BIC ou BNC : pour une activité indépendante classique.
Ces revenus ne sont pas pris en compte dans le calcul des heures nécessaires pour l’intermittence, mais ils restent soumis à l’impôt sur le revenu et doivent figurer dans la déclaration annuelle.

vv
Anticipez le coût de vos embauches en toute simplicité !
Grâce au simulateur de paie CulturePay, estimez en quelques clics le coût total de vos contrats d’intermittents : salaire brut, salaire net, cotisations sociales… Obtenez une simulation fiable avant chaque embauche.
bhc
Les frais professionnels : entre déduction et abattement forfaitaire
Déduction forfaitaire de 10%
La déduction forfaitaire de 10% permet de simplifier la prise en compte des frais professionnels (déplacement, repas, etc) en s’appliquant automatiquement à tous les salariés.
Néanmoins, vous êtes libres de renoncer à cette déduction forfaitaire en faisant la demande d’une déduction de frais réels (on en parle au point suivant).
Pour en savoir plus au sujet de la déduction forfaitaire : Comment puis-je bénéficier de la déduction forfaitaire de 10% ? – impots.gouv 👍
Déduction de frais réels
La déduction de frais réels peut être une meilleure option si vos frais professionnels sont supérieurs au 10% de la déduction forfaitaire.
Ainsi, vos frais professionnels pourront être déduits pour leur montant réel.
Voici les conditions nécessaires pour pouvoir en faire la demande :
- Vos dépenses doivent être liées et nécessitées par l’exercice de votre activité professionnelle.
- Ces montants doivent avoir été payés au cours de l’année 2025.
- Les frais doivent pouvoir être justifiées (facture, ticket, etc).
Pour en savoir plus au sujet de la déclaration des frais réels : Comment déclarer mes frais réels dans ma déclaration de revenus ? – impots.gouv 👍
L’abattement forfaitaire pour les artistes
Dans le cas des artistes, un abattement forfaitaire au moment du calcul de la paie est possible. Son taux dépendra de la profession exercée :
- 16% pour les musiciens, choristes, chefs d’orchestre, régisseurs de théâtre
- 16% pour le personnel de création de l’industrie cinématographique
- 18% pour les artistes dramatiques, lyriques, cinématographiques ou chorégraphiques
L’abattement représente donc un avantage puisqu’il permet la réduction des cotisations sociales, et donc des impôts.
Néanmoins, cette réduction va aussi avoir un impact sur le montant des indemnités de l’intermittent (chômage, retraite, etc).
Bon à savoir : l’abattement forfaitaire ne s’applique pas automatiquement. L’employeur doit s’assurer par écrit que le salarié souhaite le pratiquer. La demande est à renouveler tous les ans. 👍
Pour en savoir plus sur son fonctionnement : L’abattement pour frais professionnels des intermittents : Comment ça marche ? 👍
FAQ
1- Faut-il déclarer ses indemnités chômage France Travail comme des salaires ?
Non, des catégories sont spécifiques aux allocations chômage. De plus, elles sont automatiquement ajoutées par France Travail, vous n’avez donc pas besoin de les déclarer.
2- Que faire en cas d’erreur sur l’AEM ?
Dans ce cas, il est important de faire rapidement la demande d’une rectification à votre employeur. En effet, bien que l’AEM soit principalement utile pour France Travail, elle peut aussi servir de justificatif en cas de contrôle fiscal.
3- Quels sont les impacts sur les impôts lorsque l’on perçoit pas ou peu de revenus lors d’une année ?
L’impôt est calculé sur les revenus réellement perçus. Si les revenus sont très faibles, l’impôt peut être nul ou très faible. En revanche, les déclarations restent obligatoires chaque année, même sans revenu.
Pour aller plus loin 🔎 :
- Défraiement et indemnité chez les intermittents du spectacle : quelles différences ?
- Artiste-auteur : comment déclarer ses revenus ?
- Focus sur le Prélèvement À la Source (PAS)

Gagnez du temps pour vos projets en confiant votre paie à CulturePay !
CulturePay vous accompagne dans la gestion complète de vos embauches d’intermittents : création des contrats, déclarations des cotisations sociales… Tout y est centralisé et automatisé.
jcb jj
